Les intérêts de raccorder les installations photovoltaïques au réseau plutôt que sur des batteries sont multiples. Au niveau écologie et environnemental, le réseau évite l’utilisation de batteries, qui sont des éléments contenant des quantités importantes de matière polluante (acide/plomb) et qui ont une durée de vie limitée à 7 à 8 ans de fonctionnement. En plus, chaque kilowattheure produit par le système photovoltaïque raccordé au réseau évite la production d’un kilowattheure d’origine fossile ou nucléaire. Enfin, un système raccordé au réseau produira pour la même surface de capteurs plus d’énergie solaire qu’un système sur batteries, qui lorsque les batteries sont pleines, ne peut plus produire d’énergie. C’est pour ces raisons que les installations photovoltaïques sont raccordées au réseau lorsque cela est possible et que l’utilisation de batteries est réservée aux sites isolés tels que les refuges de montagne ou les villages des pays en voie de développement situés loin des réseaux électriques.
En cas de panne du réseau électrique, l’énergie solaire produite ne peut plus être évacuée et le système photovoltaïque se met en veille. L’arrêt de la production est réalisé instantanément grâce à un organe de découplage interne aux onduleurs et conforme aux exigences d’EDF en matière de sécurité des biens et des personnes. Cela signifie qu’en cas de coupure du réseau, nous sommes comme les autres consommateurs, nous n’avons plus d’énergie électrique. Il existe cependant des onduleurs très spécifiques qui permettent d’utiliser l’énergie produite par les panneaux solaires même en cas de coupure du réseau. Ce type de système est généralement réservé à des applications très particulière du fait de la nécessité d’utiliser des batteries et du surcoût que cela engendre !
Mais qui vous dit que nous ne consommons pas nous-même l’énergie que nous vendons ! En effet, il ne faut pas confondre la transaction financière avec le flux physique de l’énergie. Vendre la totalité de l’énergie produite signifie qu’un compteur EDF est placé immédiatement après les onduleurs pour compter tout l’énergie que nous produisons. Ce compteur de production est placé juste à coté de nos compteurs de consommations et comme le courant électrique suit en général le chemin offrant le moins de résistance, c’est à dire le plus court, il y a fort à parier que nous consommons la quasi-totalité de l’énergie que nous vendons !
Tout est relatif ! Un système photovoltaïque raccordé au réseau peut tout à fait produire autant que la consommation annuelle d’énergie électrique du bâtiment : tout dépendant de la consommation annuelle du bâtiment et de la production annuelle du système photovoltaïque, donc de sa taille. A titre d’exemple un foyer attentif à ses dépenses énergétiques consomme environ 2 000 kWh d’énergie électrique par an, qui peuvent être entièrement couverte par un système photovoltaïque de seulement 20 m². Même chose pour le tertiaire : l’association Hespul, qui emploie 15 personnes et qui possède la moitié de l’installation Soleil-Marguerite consomme 5 000 kWh/an alors que la production annuelle de cette installation s’élève à 12 000 kWh : l’association Hespul est donc entièrement alimentée en énergie solaire et même excédentaire (120 % de sa consommation).
Bien sur que non ! Un grand nombre d’études scientifiques ont été menées par des chercheurs indépendants au sujet de l’analyse du cycle de vie et de l’énergie grise nécessaire à la fabrication des systèmes photovoltaïques. La plus récente, celle du chercheur E. Alsema de l’Université de Utrecht au Pays-Bas publiée en juin 2005, fait mention d’un temps de retour énergétique de 1,5 à 2,5 ans pour un ensoleillement correspondant au sud de l’Europe. Ramené au climat français, le temps de retour énergétique se situe entre 2 et 3,3 ans, ce qui signifie qu’un système photovoltaïque raccordé au réseau peut produire jusqu’à 10 fois l’énergie nécessaire à sa fabrication !
C’est aussi le moyen le plus simple de produire de l’énergie électrique directement sur le lieu de consommation, ce qui permet de diminuer, voire d’annuler, les besoins du bâtiment en énergies conventionnelles (fossile ou nucléaire), qui sont génératrices de pollutions importantes. De plus cette filière technique permet de bien comprendre les enjeux de la production d’électricité à l’échelle d’un bâtiment et avant tout la nécessiter de maîtriser les consommations d’énergie. Au niveau financier, il est vrai que l’énergie d’origine photovoltaïque reste encore plus chère que la plupart des autres énergies, qui ont par ailleurs toutes largement bénéficiées de subventions publiques pour arriver à maturité industrielle, et qui pour certaines continuent d’en bénéficier largement. Le photovoltaïque, qui est une filière de production récente, a aussi besoin d’un soutien public pour arriver à se développer à grande-échelle. Ce soutien prend en France la forme d’une aide à l’investissement et d’un tarif d’achat, qui vont nous permettre d’amortir financièrement cette installation en 10 ans, ce qui au regard de la durée de garantie des modules photovoltaïques (25 ans) nous est apparu tout à fait acceptable.
Et oui, malgré nos souhaits, notre projet n’est pas parfait : l’installation photovoltaïque est légèrement ombragée en fin de journée par un bâtiment voisin, notre bâtiment est une passoire énergétique des années 60 chauffé au gaz de ville, …. Mais bon, la vie est une suite de compromis et de contradiction, l’important étant de ne pas toujours trouver de bonnes raisons de ne rien faire !
Si votre question concerne l’installation Soleil-Marguerite, vous pouvez nous envoyer un courrier électronique, sinon le plus simple est de contacter l’Espace Info Energie le plus proche de chez vous au 0 810 060 050 (prix d’un appel local).